Comment financer ses formations en 2021 ?

publié le 13 avril 2021

En raison de la conjoncture actuelle, de nombreux salariés s’interrogent sur la possibilité d’une mobilité professionnelle, voire d’une reconversion. Selon le Groupe BVA[1], près d’1 actif sur 5 a commencé à se questionner sur la possibilité d’un changement sur le plan professionnel (18%). Si pour 58% d’entre eux, cette réflexion est motivée par la quête de sens au travail, 31% envisagent ce changement pour des raisons économiques et personnelles.

Or, il n’est pas toujours facile de sauter le pas, d’autant plus dans les circonstances actuelles. En effet, la crise liée au Covid-19 a freiné les projets de mobilité professionnelle initiés avant le premier confinement : 10% n’ont pas abouti ou ont été suspendu. De plus, les formations de qualité représentent un montant souvent difficile à investir. C’est pourquoi le financement est l’une des pierres angulaires d’un projet de formation, mais il n’est pas toujours évident d’y voir clair parmi tous les dispositifs existants.

Comment financer son projet de formation professionnelle ? À qui s’adresser selon sa situation ? Ressources et Carrière vous propose un point sur les dispositifs mobilisables en 2021 pour financer votre projet de formation.

Le Compte Personnel de Formation (CPF)

Le compte personnel de formation (CPF) permet à toute personne active d’acquérir des droits (en euros) à la formation professionnelle, mobilisables tout au long de sa vie active. Il a remplacé le droit individuel à la formation (Dif), et les heures acquises dans le cadre de ce dernier peuvent être transférées jusqu’au 31 juillet 2021.

Les bénéficiaires

Le CPF s’adresse à toute personne âgée de 16 ans ou plus :

  • Salariée
  • Exerçant une profession libérale ou non salariée
  • En recherche d’emploi
  • Conjoint de collaborateur
  • Par dérogation, les jeunes de 15 ans ayant signé un contrat d’apprentissage

Les formations éligibles au CPF

Le CPF est mobilisable en vue de :

  • L’acquisition d’une qualification ou certification professionnelle inscrite au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP)
  • L’acquisition d’une certification ou habilitation inscrite au Répertoire Spécifique des Certifications et Habilitations (RSCH)
  • L’acquisition du socle de connaissances et de compétences enregistrées au RNCP
  • L’accompagnement pour la validation des acquis de l’expérience (VAE)
  • Bilans de compétences
  • Formations d’aide à la création et reprise d’entreprise
  • L’apprentissage à la conduite (code de la route, permis B et poids lourds)
  • Formations permettant aux bénévoles et volontaires en services civique d’acquérir les compétences nécessaires à l’exercice de leurs missions

Le financement et le maintien de la rémunération

Depuis 2020, le compte personnel de formation est alimenté de 500€ par an pour tous les salariés qui travaillent au moins à mi-temps, et de 800€ par an pour les salariés non qualifiés et les personnes en situation de handicap. Les plafonds du CPF sont respectivement de 5 000€ et 8 000€.

Pour les formations hors temps de travail, le salarié peut utiliser son CPF sans faire de demande à son employeur.

Pour les formations suivies tout ou partie sur le temps de travail, le salarié doit demander l’accord préalable de l’employeur (la rémunération sera maintenue). L’absence de réponse de l’entreprise vaut acceptation.

 

Le Congé de Transition Professionnelle (CTP)

Le Congé de Transition Professionnel permet au salarié de financer une formation qualifiante pour changer de métier ou de profession. Le collaborateur bénéficie d’un congé spécifique lorsqu’il suit cette action de formation tout ou partie durant son temps de travail.

Les bénéficiaires

Pour mobiliser ce dispositif, il faut :

  • Être salarié en CDI et justifier de 24 mois d’activité dont 12 mois au sein de la même entreprise
  • Être salarié en CDD et justifier de 24 mois d’activité au cours des cinq dernières années, dont 4 mois au cours de l’année passé
  • Être salarié licencié économiquement (pas d’ancienneté requise)
  • Être bénéficiaire de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH) (pas d’ancienneté requise)

Les formations éligibles au CTP

Le projet de transition professionnelle peut être utilisé pour financer des formations certifiantes, éligibles au compte personnel de formation, spécifiquement « destinées à permettre au salarié de changer de métier ou de profession ».

Le salarié doit définir son projet et adresser sa demande d’autorisation d’absence auprès de son employeur :

– au plus tard 60 jours avant le début d’une formation inférieure à 6 mois

– au plus tard 120 jours si la formation implique une interruption continue de travail de plus de 6 mois

L’employeur a un mois pour donner sa réponse et l’absence de réponse vaut acceptation.

Une fois la validation de l’employeur obtenue, le salarié doit présenter son projet de reconversion auprès de la Commission Paritaire Interprofessionnelle Régionale (CPIR), qui validera ou non sa demande en fonction de la pertinence avec le projet.

Le financement et le maintien de la rémunération pendant le CTP

Les frais pouvant être pris en charge par la CPIR sont :

  • Les frais pédagogiques
  • Les frais de transport, de restauration et d’hébergement
  • La rémunération si tout ou partie de la formation est réalisée sur le temps de travail

Si le salaire est inférieur ou égal à 2 fois le SMIC, il est maintenu à 100%.

Si le salaire est supérieur à 2 fois le SMIC, la rémunération est maintenue à 90% pour les formations d’1 an ou d’une durée égale à 1 200 heures pour les formations à temps partiel.

Pour les structure de moins de 50 salariés, la CPIR verse directement la rémunération au salarié. Pour les structures de plus de 50 salariés, la rémunération est versée au salarié par l’entreprise, qui sera elle-même remboursée par la CPIR.

 

Le plan de développement des compétences

L’objectif du plan de développement des compétences est de permettre aux entreprises d’accompagner leurs salariés dans le maintien et le développement de leur employabilité, grâce à des actions de formation. Ces dernières sont à l’initiative de l’employeur, contrairement aux formations mobilisant le CPF à l’initiative du salarié. Ce dernier peut toutefois prendre l’initiative de demander à suivre une formation prévue par le plan de développement des compétences.

Le plan de développement des compétences recense l’ensemble des actions de formation mises en place par l’employeur pour ses salariés, dont certaines sont obligatoires en application d’une convention internationale ou de dispositions légales et réglementaires (article L 6321-2 du code du travail). L’action de formation est ici décrite comme un parcours pédagogique permettant d’atteindre un objectif professionnel.

Les bénéficiaires

Tout salarié peut être visé par une action de formation prévue par le plan de développement des compétences de son entreprise. Le départ en formation est alors assimilé à l’exécution normale de son contrat de travail.

Les actions de formations relevant du plan de développement des compétences

  • Les actions de formation obligatoires ou nécessaires

Elles conditionnent l’exercice d’une fonction en application d’une convention internationale ou de dispositions légales et réglementaires. Constituant un temps de travail effectif, elles donnent lieu au maintien de la rémunération.

  • Les actions de formation non-obligatoires

Si elles se déroulent sur le temps de travail, elles donnent lieu au maintien de la rémunération.

  • Les actions de formation en situation de travail (AFEST)
  • Les bilans de compétences
  • La validation des acquis de l’expérience (VAE)
  • Les formations participant à la lutte contre l’illettrisme
  • Toute autre action de professionnalisation s’inscrivant dans la stratégie de l’entreprise en matière de développement des compétences

Le financement et le maintien de la rémunération

Les frais pédagogiques et annexes (restauration, hébergement) ainsi que la rémunération des salariés et les cotisations sociales restent à la charge de l’entreprise.

Les entreprises de moins de 50 salariés peuvent bénéficier d’une prise en charge de leur plan par leur Opérateur de Compétences (OPCO), sur les fonds mutualisés de la contribution légale à la formation.

Les entreprises de plus de 50 salariés ont des possibilités de financement de leurs formations par l’OPCO, seulement dans le cadre d’un « versement volontaire » (contribution non obligatoire d’une entreprise au-delà du taux obligatoire, permettant à l’entreprise de bénéficier des services proposés par l’OPCO) .

Durant la formation, le salarié continue à être rémunéré par l’employeur et conserve sa protection sociale habituelle.

 

La reconversion ou promotion par alternance (Pro-A)

Ce dispositif permet aux salariés dont la qualification est insuffisante au regard de l’évolution des technologies ou de l’organisation du travail, de favoriser leur évolution ou promotion professionnelle et leur maintien dans l’emploi. La Pro-A s’inscrit en complément du plan de développement des compétences de l’entreprise et du compte personnel de formation. Mis en œuvre à l’initiative du salarié ou de l’entreprise, le dispositif Pro-A peut être mobilisé dans une optique d’évolution, de promotion professionnelle ou de reconversion. L’objectif est l’acquisition d’une certification professionnelle après une formation en alternance.

Les bénéficiaires

La Pro-A s’adresse aux salariés en :

  • CDI, CUI, CDD, ou activité partielle
  • ET n’ayant pas atteint un niveau de qualification enregistré au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) correspondant au niveau de licence.

Les formations éligibles

Les formations éligibles sont celles visant :

  • Une certification enregistrée dans le RNCP
  • Une qualification reconnue dans les classifications d’une convention nationale de branche
  • Une certification de qualification professionnelle
  • La validation des acquis de l’expérience (VAE)

Le financement

Les frais pédagogiques et annexes sont pris en charge en tout ou partie par l’OPCO. Un avenant au contrat de travail est obligatoire. Il doit préciser la durée et l’objet de la reconversion.

 

Le FNE-Formation

Le FNE-Formation renforcé est un dispositif mis en place par le gouvernement  pour financer les formations des salariés des entreprises en activité partielle à cause de la crise sanitaire. Depuis le début de l’année 2021, le dispositif a été élargi aux entreprises en difficulté à cause de la crise.

Les bénéficiaires

Les entreprises impactées par la crise sont éligibles si elles sont :

  • En activité partielle (droit commun ou longue durée)
  • Ou en difficulté à cause de la crise sanitaire (au sens de l’article L. 1233-3 du code du travail, hors cas de cessation d’activité)

Au sein de ces entreprises, presque tous les salariés sont éligibles, qu’ils soient en CDI ou CDD, en chômage partiel ou non, à temps plein ou en télétravail. Seuls les personnes en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation ne sont pas concernés par le dispositif.

Les formations éligibles

  • Actions des formation
  • Bilans de compétences
  • Actions permettant la validation des acquis de l’expérience
  • Formation enregistrée au RNCP
  • Formation dans le cadre d’une convention collective nationale de branche
  • Formation ouvrant droit à un certificat de qualification professionnelle de branche ou interbranche

Les actions éligibles excluent les formation relevant de l’obligation de formation générale à la sécurité incombant à l’employeur, ainsi que les formations par apprentissage ou par alternance.

Les actions de formation (cf. article L. 6313-2) doivent être organisées sous la forme d’un parcours comprenant, outre les séquences de formation, le positionnement pédagogique, l’évaluation et l’accompagnement de la personne qui suit la formation et permettant d’adapter le contenu et les modalités de déroulement de la formation.

Le financement

Pour les entreprises en activité partielle ou activité partielle longue durée, les coûts pédagogiques et associés sont éligibles à la prise en charge par le gouvernement.

Pour les entreprises en difficulté, les OPCO peuvent mobiliser leurs ressources au titre du plan de développement des compétences pour les entreprises de moins de 50 salariés, afin de prendre en charge tout ou partie de la rémunération des stagiaires. Tout autre cofinancement public est exclu.

 

Les actions collectives

Les actions collectives sont des formations de groupe « clé en main » proposées et financées par un opérateur de compétences (OPCO) à ses adhérents cotisant pour le financement de la formation professionnelle.

Ce formations sont définies par la commission paritaire nationale pour l’emploi (CPNE), en lien avec l’observatoire des métiers de la branche pour répondre à des besoins de compétences spécifiques.

 

L’Aide Individuelle à la Formation (AIF)

Dans le cas où les dispositifs de financements existants ne peuvent pas prendre en charge le projet de formation, que ça soit partiellement ou entièrement, Pôle Emploi peut octroyer une Aide individuelle à la formation (AIF) pour contribuer au financement des frais pédagogiques.

Les bénéficiaires

Les personnes éligibles sont :

  • Les demandeurs d’emploi
  • Les personnes en accompagnement CRP/CTP ou CSP

Les formations éligibles
La page « Trouver ma formation » sur pole-emploi.fr donne accès à un catalogue d’offres de formations, qui regroupe l’ensemble des formations accessibles aux demandeurs d’emploi.

Le financement
L’Aide individuelle à la formation couvre l’intégralité du coût de la formation restant à la charge du bénéficiaire, suite à l’intervention des autres financeurs. Elle est versée directement à l’organisme de formation.
Il est possible de mobiliser son CPF pour financer le montant restant à charge.

 

[1] BVA Group est un groupe d’études et de conseil, expert en sciences comportementales.